Réflexions sur les situations politiques nationales et locales

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10/09/2020

  1. Situation nationale

Pour aller droit au but, nous vivons dans un système politique et économique très inégalitaire qu’il nous faut remplacer et non pas aménager. Il s’agit de substituer au capitalisme ultra libéral un autre système de type socialiste dont le moteur ne sera pas le profit pour quelques – uns mais la satisfaction des besoins pour tous.

Nos choix sont entre rafistolage du système et révolution, n’ayons pas peur des mots. Une économie capitaliste verdie ne sera pas la solution. Il faut aller au fonds des choses

Ne nous faisons pas d’illusions, les discours sur le jour d’après qui devra être différent sont le plus souvent des interventions de circonstance. Il ne s’agit pas seulement de changer les comportements individuels (c’est nécessaire), mais d’abord tout un système qui engendre la destruction de la planète (en poussant à une consommation débridée entre autre, pour ceux qui en ont les moyens). Il faut placer les responsabilités au bon endroit, il est courant aujourd’hui de dire que nous sommes dans l’anthropocène (période où l’influence de l’homme sur la terre devient prédominante au point de la détruire – en gros depuis la fin du 18 ème siècle). Est-ce que nous ne sommes pas plutôt / aussi dans le « capitalocène » (période où le capitalisme devenant dominant détruit la planète). De tels débats ne sont pas neutres, il faut ne faut certes pas nier le rôle des individus mais sans culpabiliser l’ensemble de l’humanité.

Le capitalisme est l’obstacle central. Il représente l’exploitation des hommes par d’autres, une société inégalitaire par principe. Il fonctionne sur la base d’une liberté de créer des richesses pour quelques – uns et une liberté d’entreprendre, qui, pour produire toujours plus de profits, fabrique nombre de produits inutiles (en consommant des ressources qui sont limitées) selon des modes d’organisation eux même consommateurs d’énergie (le ballet incessant des cargos,….). Il n’y a pas de frein aux industries polluantes, tant qu’elles sont rentables. C’est tout cela qu’il faut abattre et remplacer par des systèmes qui conduisent à la suppression des inégalités, à donner le pouvoir à ceux qui travaillent, et qui aillent vers de véritables solutions écologiques.

Dans l’immédiat, la Covid 19 a engendré une crise qui va accentuer encore les inégalités. Est-ce que cela va favoriser des remises en cause radicales ? Soyons lucides, cette situation de crise n’est pas forcément favorable. Des millions de gens vont d’abord se préoccuper de leur emploi. Les bonnes intentions vont se heurter au « réalisme », à la pression des lobbys pour préserver tel ou tel secteur (exemple : le retour de certains traitements chimiques pour les betteraviers). En contrepoint, cette crise a provoqué des élans de solidarité, des coopérations entre ville et associations plus poussées. Elle a amené des espérances. Ceci représente certainement un capital pour faire face aux défis.

Face aux enjeux, il faut clairement dire que la gauche anti libérale est en situation de grande faiblesse, en France, en Europe et dans le monde. Néanmoins, il existe tout un bouillonnement de luttes diverses et variées (sociales, écologiques…), de structures de réflexion (ATTAC…), d’associations sur tel ou tel thème, qui remettent en cause, consciemment ou de facto, le système. Comment construire à partir de tout cela ?

Les partis et initiatives de gauche

En dehors de quelques groupes classés d’extrême gauche (NPA, LO), qu’il ne faut pas négliger (l’expérience du NPA a été un moment prometteuse), deux partis font en France clairement le choix anti libéral, le parti communiste (PCF) et France Insoumise (FI). Mais, ils apparaissent à mon sens très mal armés pour donner des perspectives. Leurs programmes ont du mal à sortir de schémas anciens. Ils restent dans une logique d’amélioration du système, même si c’est transitoire dans leur esprit. On y parle à peine de nationalisations, même si celles pratiquées à la mode 1981 ne sont pas la panacée. Les contours d’une société radicalement différente ne sont pas vraiment esquissés, en tout cas cela ne se perçoit pas.

Le PCF garde une culture de lutte de classe, c’est essentiel, mais il est surtout dans la critique, les revendications. Ses propositions pour bâtir une autre société et comment sont peu visibles.

FI a une culture de lutte de classe trop superficielle. Ses références à un peuple indéfini sont ambigües. Sa stratégie, très centrée sur les élections, présidentielles en particulier, en négligeant le plus souvent l’implantation locale, manque de chaire. Par ailleurs, le déficit de démocratie interne est patent.

Ces deux organisations posent néanmoins clairement la nécessité de conjuguer les dimensions écologiques et sociales, ce qui les distingue des autres.

Parmi ceux qui n’ont pas choisi clairement le camp anti capitaliste, Europe Ecologie Les Verts (EELV), est la force montante. Leur approche de l’écologie m’apparaît trop exclusivement centrée sur l’évolution des comportements, sans se préoccuper suffisamment des verrous de pouvoir (économiques en particulier) à faire sauter pour progresser réellement. Cette organisation politique n’est pas homogène, une partie d’entre eux peut rejoindre un anti capitalisme clair.

Quant au Parti Socialiste (PS), son choix du capitalisme aménagé ne semble pas remis en cause.

Dans les deux cas (EELV, PS), il importe de chercher à impliquer les militants et les électeurs dans les démarches de luttes, dans les réflexions. L’aspiration à un réel changement de société est forte chez eux aussi. Le fait qu’une partie de leurs dirigeants lorgnent vers le centre ne doit pas occulter cette réalité.

Le panorama de la gauche comporte aussi diverses initiatives visant le plus souvent à dépasser les clivages traditionnels et prenant la forme en particulier d’appels sur internet. On peut citer la démarche commune (« Le fil des communs ») de Clémentine Autain (députée France Insoumise) et Elsa Faucillon (députée PCF), celle de l’appel récent (« Plan de sortie de crise ») où on retrouve côte à côte la CGT, Greenpeace, Solidaires, Oxfam et bien d’autres. Il y a aussi la contribution d’une organisation comme ATTAC, les tribunes de Thomas Piketty sur les inégalités… Tout ceci contribue au débat, comporte des propositions remettant clairement en cause le système, mais pour autant ça ne décolle pas.

Le manque énorme de réflexions de fonds

Pousser la réflexion est certainement la priorité absolue. La présidentielle de 2022 est probablement déjà perdue et de toute façon il ne sert à rien d’élire un président de la République si derrière il n’y a pas un mouvement de fonds très puissant qui sait ce qu’il veut faire.

Les dernières décennies ont été celles du désarmement idéologique. Beaucoup est à réinventer.

Il faut réfléchir à ce que veut dire lutte de classe aujourd’hui, avec l’évolution des catégories sociales, des modes de travail… La question de la démocratie est primordiale, pour éviter les écueils du passé et sortir de la démocratie formelle d’aujourd’hui. Comment avoir une démocratie participative populaire (au sens d’une participation effective des plus modestes) ? Comment arriver à des consensus plutôt qu’à des votes biaisés par une faible participation ?

En termes d’organisation économique, il faut être conscients qui si le capitalisme a conduit au désastre écologique actuel, les économies « socialistes » réelles allaient dans le même sens. Beaucoup est donc à inventer, en fonction des données nouvelles, l’impératif écologique, l’existence du numérique…  Nonobstant ce nouveau cadre, des expériences comme celles de l’autogestion sont certainement toujours d’actualité. Et il ne faut pas hésiter non plus à se pencher sur les expériences du passé, celle de la Yougoslavie pour l’autogestion, celle des économies planifiées (maintenant que le plan n’est plus un gros mot !). Tout cela paraît lointain, marqué d’un opprobre très large, mais ce n’est pas parce que ces approches ont été dévoyées qu’il n’y a pas des éléments à en tirer, tout n’est pas à jeter.

Il faudra aussi réfléchir à ce qui nous a conduits à adopter les pratiques de nos adversaires en matière de communication et de marketing politique. Le court est une véritable catastrophe, on n’explique plus rien, on fait des phrases sibyllines incompréhensibles, sous prétexte que « les gens ne lisent pas ». Il ne faut pas hésiter à écrire beaucoup pour aller au fonds des choses et à faire de l’information pour expliquer.

Il faut également approfondir des propositions comme celle du revenu universel, qui peut être une revendication transitoire intéressante.

La réflexion doit en particulier porter sur les questions écologiques (climat, biodiversité…). Il y a plusieurs façons d’être écologiste. Il faut bien sûr agir sur les comportements (déplacements doux, modifications de la consommation…), mais la mobilisation individuelle ne suffira pas. La culpabilisation largement pratiquée est critiquable en soit et ne pourra entraîner l’adhésion de tous. Si on prend l’exemple de la voiture, une grande majorité aura du mal à s’en passer et c’est la question de la contrainte qui se pose, dans un premier temps via des mesures fiscales pour certains véhicules par exemple. C’est le cercle vicieux d’une production toujours plus abondante (et donc de la consommation en grande partie inutile) qu’il faut casser. Le type d’économie dans lequel nous sommes ne peut le faire, ce serait briser la course au profit de quelques – uns. Il faut donc inventer autre chose, qui à la fois retire le pouvoir aux actionnaires mais en même temps entame la reconversion de nombre d’activités, sans pertes d’emplois. Et le tout en cherchant toujours l’adhésion de plus grand nombre, avec sans doute une part d’autorité pour avancer. Tâche immense !

Un point essentiel de la réflexion est l’articulation entre des propositions concrètes, immédiates, compréhensibles par le plus grand nombre, et les propositions d’architecture d’une société radicalement différente. Si on prend la question écologique, il faut bien sûr amplifier toutes les modifications de comportement individuelles (y compris des entreprises), mais comme nous savons qu’il y a un plafond de verre (assez bas !) il faut réfléchir sur les productions nécessaires, puis sur la façon de les gérer, etc… Des écueils seront à éviter, comme celui de passer, à un moment du mouvement, un nouveau compromis avec le capital, du type de celui adopté au moment du Conseil National de la résistance en 1945. Cela peut séduire, mais ce serait s’arrêter au milieu du gué, se donner simplement un répis.

Le rassemblement indispensable

L’éparpillement actuel, les ambitions pour le petit poste de président de la république française, sont une calamité. Certes, « on se parle » à gauche ces derniers temps, c’est mieux mais c’est avec une toile de fonds électorale. Est-ce que c’est la priorité ?

Le rassemblement nécessaire doit en tout état de cause se faire dans la clarté. L’union large de toutes les gauches serait une erreur. C’est le pôle anti libéral qui doit se rassembler en dépassant les querelles de chapelle, en commençant par exemple par un travail de réflexion en commun. Le mouvement ainsi créé doit pouvoir attirer de nombreux non encartés, qui n’attendent que ça.

Quelle forme cela doit prendre ? Le Front de Gauche a été un échec. C’était un cartel d’organisations politiques. Beaucoup pensent qu’il aurait fallu rendre possibles des adhésions individuelles. Faut – il aller vers un mouvement politique unifié ? En tout cas, ce rassemblement doit être un moteur de luttes, de construction d’un vrai projet alternatif.

Une difficulté majeure est la « catastrophe » permanente de la présidentielle et plus largement de la 5 ème république. Tous les cinq ans, tout le monde est aspiré par cette échéance et les égos font que cette élection est un obstacle au rassemblement. Nous n’avons pas besoin de sauveurs, mais d’action collective.

En fait, il ne sert à rien d’élire un président de la République si derrière il n’y a pas un mouvement de fonds très puissant qui sait ce qu’il veut faire. En réalité, il y a besoin d’un mouvement de masse gigantesque pour terrasser le capitalisme et le remplacer par quelque chose de viable. Nous en sommes très loin, d’autant plus qu’il est indispensable que ce mouvement ait lieu dans au moins plusieurs pays d’Europe importants.

Conclusions

Le point primordial est le réarmement idéologique et programmatique. Ensuite, il faut coûte que coûte fédérer ce qui existe, les divergences entre anti libéraux ne sont pas si importantes, à l’aune des enjeux. Ce rassemblement peut en particulier partir du local. Faut – il  en particulier aller vers un « Mouvement gentilléen pour la reconstruction de la gauche de transformation » ? Qui serait prêt à y participer ? Comment cela se conjuguerait avec la nécessité d’un organisme de soutien à la municipalité (voir § II) ?

Les enjeux sont soit la construction d’un nouveau socialisme, soit des régimes autoritaires. Le capitalisme libéral ne peut pas résoudre la crise écologique, c’est antinomique. Si l’on veut éviter des solutions autoritaires à cette crise, il faut construire au plus vite quelque chose recueillant l’adhésion du plus grand nombre.

L’objectif, c’est l’humain et la planète, l’un n’allant pas sans l’autre.

  1. Situation locale

La période électorale récente a illustré la question des choix fondamentaux de politique locale. Ils ne sont pas sans lien avec la problématique des choix nationaux.

La liste Tordjman a réaffirmé la priorité à la politique sociale, à côté des exigences écologiques et démocratiques. Les deux autres listes de gauche étaient plus ambigües. L’affirmation d’une priorité aux plus modestes est un marqueur d’une municipalité réellement de gauche. Ceci ne veut d’ailleurs pas dire que la politique développée ne s’adresse pas aussi aux couches moyennes, qui bénéficient par exemple des dispositifs de sport et de culture pour tous, gratuitement ou à des tarifs modestes.

In fine, la fusion réalisée au deuxième tour doit marquer un rassemblement sur ce choix.

Il faut aussi noter clairement que ce choix n’a réuni que 47 % des suffrages exprimés, avec le bon score de la liste El Arche (25 %) et les mauvais reports des électeurs de la liste « En avant toutes » du 1 er tour. C’est 20 % de moins qu’en 2014 (68 % pour la liste Tordjman).

Cette baisse importante ne s’explique cependant probablement pas principalement par une défiance sur cette position de fonds d’un maintien et d’un renforcement de la politique sociale. Elle résulte d’une convergence de phénomènes d’usure, de rejet lié à certains sujets (sécurité, longueur des travaux au Chaperon Vert…), de critiques diverses.

Le mandat 2014 / 2020 n’a pas été réussi. De nombreux manques ont été pointés, en particulier sur la démocratie, l’écologie, la réactivité des élus et des services. La politique sociale forte (encore illustrée cet été par la très bonne tenue de « L’été à Gentilly ») elle-même n’est plus toujours perçue comme une exception (par rapport à beaucoup d’autres villes) mais comme quelque chose de normal.

Il faut désormais faire vivre le rassemblement opéré. Cette majorité municipale est plus diverse que jamais, ceci doit être sa force. Sa composition doit permettre de marier les exigences sociales et écologiques. Il faut pour cela débattre à fonds des sujets et agir dans un esprit constructif. La campagne électorale est terminée, les divergences ne sont pas si importantes. Le challenge c’est que toutes les composantes travaillent ensemble, en pensant toujours et seulement aux besoins des habitants.

Un point est essentiel. Une municipalité de gauche, ce n’est pas seulement une gestion plus sociale, plus écologique. C’est aussi une exemplarité, il s’agit de montrer que d’autres politiques sont possibles, par rapport à ce qui est développé par les gouvernements successifs. Cela participe à une pédagogie dans l’optique des transformations radicales recherchées au niveau national. Ce point est trop souvent oublié, il faut le remettre d’actualité.

Mise en oeuvre du programme

Il va falloir faire ce qu’on a dit ! Si certains points s’inscrivent pour l’essentiel dans la continuité, comme la politique sociale (même s’il faudra aussi innover avec par exemple la plateforme pour la transparence dans le logement social), d’autres doivent marquer une rupture.

L’écologie va devoir être une préoccupation transversale effective, dans tous les domaines. Les actions devront être réfléchies en fonction des moyens dont dispose une commune et en allant chercher ailleurs des compléments, ainsi qu’en comptant sur les initiatives citoyennes. La crise sanitaire a sans aucun doute fait prendre conscience des enjeux climatiques et de biodiversité. « Rien ne doit plus être comme avant » est devenu une idée forte. Cela dépend beaucoup d’actions nationales et internationales, mais l’action locale sera importante.

Une politique urbaine claire et décidée démocratiquement doit être mise en place. La ville dispose en particulier de terrains importants (terrains du collège Pierre Curie, îlot Mairie, îlot Paix / Reims). Il s’agit de trouver avec l’ensemble de la population le bon équilibre entre logement social et privé, activités économiques, espaces verts, services publics… C’est l’affaire de toute la ville et pas de tel ou tel quartier ou rue. L’ensemble pourra le cas échéant être tranché par une votation locale. Ce débat devra prendre en compte le fait que Gentilly fait partie de la petite couronne parisienne. La question de la densité devra être tranchée en réfléchissant aux enjeux écologiques globaux : une certaine densification près des réseaux de transport est sans doute plus pertinente qu’un refus entraînant de facto un rejet des populations en grande banlieue, avec toutes les conséquences écologiques néfastes liées. Toutes ces questions se retrouveront dans la préparation du nouveau PU.

La démocratie locale est un thème récurrent mal résolu. Le conseil municipal a adopté un texte en 2003 très détaillé sur à la fois la démocratie participative, les conseils de quartier, la participation des citoyens aux décisions du conseil municipal, à la gestion des organismes municipaux (équipements sportifs…)… Beaucoup des choses y figurent sur le plan des principes, des objectifs. Ce texte est toujours d’actualité, mais sa mise en œuvre est difficile et n’a été que partielle. Les pratiques de démocratie participative sont nombreuses à Gentilly, mais elles sont inégales, souvent inachevées, et manquent d’une organisation systématique. Un minimum de moyens alloués sera nécessaire, la démocratie a un coût !

Les questions de sécurité et de propreté devront être traitées en priorité. C’est une demande très forte et légitime. Le débat sur la vidéo surveillance doit avoir lieu sereinement, pas de décision précipitée tant les enjeux sur les libertés individuelles doivent être pris en compte. Un renforcement important des sanctions doit être mis en oeuvre, en particulier sur les incivilités de tous ordres et concernant la propreté en premier lieu.

Il va falloir mettre en œuvre les différents organismes annoncés : Conseil de la transition écologique, Observatoire de la participation, Observatoire de l’égalité homme femme, Plateforme de transparence du logement social. Il va falloir être très attentif à leur composition : place des citoyens, des élus, des associations. La diversité des citoyens est essentielle (quartiers, générations…). Des expériences de tirage au sort sont prévues, il faudra bien réfléchir à ce qu’elles ne se substituent pas aux mobilisations volontaires des citoyens, à leur engagement irremplaçable.

Pour une démarche citoyenne d’appui à la municipalité

La campagne de la liste Tordjman a été menée de façon remarquable par un collectif d’une quarantaine de personnes à la fois issues d’organisations politiques (PCF, Gentilly à Gauche Autrement) et surtout non encartées. Les débats ont été nombreux, sans tabous ni réserves, portés par un nombre élevé de personnes. Cette campagne a été élargie aux militants issus de « En avant toutes » au 2 ème tour.

La nouvelle municipalité va avoir besoin d’appuis. Le constat a été fait que cela a manqué entre 2014 et 2020.
La question d’une pérennisation du collectif se pose, sous une forme ou une autre, avec une volonté d’élargissement, d’ouverture. Il faudra trouver un nom.

Ce regroupement permanent paraît indispensable pour que travaillent dans un creuset commun les citoyens sans appartenance politique et des membres de partis. Il m’apparaît que les partis seuls ne peuvent pas jouer ce rôle de soutien à la municipalité. Ils seront accaparés par leur propre agenda, dont les différentes élections à venir. Ce soutien doit être élargi, des citoyens veulent s’engager et n’iront pas dans un parti, et il est peu probable que ceux-ci se développent significativement dans la période proche. Un tel collectif constituerait aussi un point de référence pour les élus non encartés, il a été en effet constaté précédemment que ceux-ci se retrouvaient isolés. Il faut y remédier.

Le rôle de ce collectif serait d’expliquer ce que fait la municipalité (ceci a par exemple manqué sur les questions budgétaires dans le précédent mandat), de faire des propositions, de participer à la mise en place des différents organismes prévus dans le programme. Il organiserait les luttes nécessaires à la réalisation du programme Il effectuerait aussi un travail d’éducation populaire.

Un tel organisme devra rester souple pour pouvoir durer dans le temps. Il n’a en aucune vocation à se substituer à la municipalité, ni aux groupes ou intergroupe d’élus, dont la dynamique propre est essentielle. Les modalités de travail avec les élus devront être définies. Son périmètre d’action devra être discuté, qui dit luttes dit questions nationales, jusqu’où faut – il aller sans se disperser ? Est-ce que cela doit/ peut  être le début d’un regroupement local de la gauche anti – libérale (cf. § I) ?. En tout cas, pour pouvoir agir et soutenir la municipalité il est nécessaire de s’organiser.

Une telle organisation permanente ne s’oppose à la nécessité d’initiatives de quartier. Tout cela doit se compléter. L’important, c’est de ne pas laisser retomber la dynamique réelle du collectif de la campagne, avec le risque de dispersion, de disparition des forces ayant émergé. Il faut se donner les moyens pour que les citoyens se mobilisent pour défendre leur municipalité. C’est l’avenir qui est en jeu.

Quelques conclusions

Le contexte (crise sociale, budgets insuffisants…) va être particulièrement difficile dans les années qui viennent, rendant complexe la mise en œuvre du programme.

Toutes les forces qui se sont mobilisées pendant la crise sanitaire (associations d’aide en particulier) et la campagne électorale doivent le rester pour faire face avec la municipalité. Il paraît donc indispensable de réunir dès que possible le collectif de campagne, pour examiner la situation avec tous les membres et composantes.

Il y a aussi désormais deux groupes de la majorité municipale. C’est une situation de fait. Un intergroupe de la majorité municipale doit être mis en place. Il est indispensable de créer une dynamique commune, de dépasser tout de suite les miasmes de la campagne électorale. Devant les difficultés, il faut y aller « tous ensemble », pour les habitants. Pour préparer tout cela, il faut des réunions communes.